Nos mots

Nous classons ici, par ordre alphabétique, les mots ou expressions précédemment analysés.

A - B

Anomie Situation dans laquelle les règles et les normes sociales sont absentes ou affaiblies, entraînant un sentiment de désorientation et de manque de repères. Bien que souvent associée à une insuffisance de cohésion sociale, l’anomie peut également être créatrice. Par exemple, un groupe de naufragés sur une île déserte, et donc en état d’anomie, pourrait développer des liens basés sur l’entraide, la créativité et la survie, sans les contraintes habituelles de la société que nous connaissons. Autre exemple, emprunté à la créativité artistique, pour laquelle l’anomie est un terreau fertile. Des mouvements tels que le surréalisme ou l’art brut, non influencés par les conventions académiques, ont émergé en réaction à l’anomie sociale. Ces formes d’expression novatrices ont souvent remis en question les normes établies, ouvrant de nouvelles perspectives. En résumé, l’anomie concerne le manque de règles, tandis que l’anarchie se rapporte à l’incapacité des autorités gouvernementales à appliquer les règles existantes. Il est à noter que dans ce second cas, le pouvoir a souvent pour reflexe d’ajouter de nouvelles lois, plutôt qu’exercer ou appliquer celles existantes.

Attitudes sociales (Les) En même temps que le phénomène millénial se confirmait, nos attitudes sociales se sont assouplies. Exemples : au travail comme ailleurs, on se tutoie plus facilement ; des mots d’argot en vigueur chez les djeun’s ont gagné les diverses strates de la société ; on bouge, change, déménage, s’unit, se sépare… plus vite ; on s’adresse aux puissants avec les mots de tous les jours…
À l’inverse, les incivilités augmentent, la politesse se dégrade et la facilité de communication sur les réseaux sociaux peut donner lieu à des débordements.

C - D

E - F - G - H

Frugalisme Mode de vie qui consiste à réduire ses dépenses et épargner pour pouvoir, après quelques temps, travailler moins et mieux profiter de la vie. Il vise également à une meilleure liberté financière et à se détacher du rapport habituel à l’argent.

Ce mode de vie aide à s’affranchir de la société de consommation et de la trace, souvent néfaste pour l’environnement, qui prône un dur labeur et la surconsommation. Mieux profiter de la vie. Pour pratiquer le frugalisme, il est nécessaire de diminuer le poids des normes sociales et la pression de la consommation. En termes de sociologie des organisations, de fonctionnement de nos sociétés et de notre propre fonctionnement, le frugalisme consiste en une rupture, un changement profond. Il peut alors se résumer en trois mots : moins mais mieux. Le frugalisme consiste en ce que nous désirons tous plus ou moins, quelquefois sans trop le savoir nous-mêmes, par exemple : Travailler moins mais mieux ; communiquer moins mais mieux. Changer, penser, apprendre moins mais mieux. Réfléchir, ressentir, exprimer, s’exprimer… moins mais mieux.

I - J - K - L

M - N - O - P

Millénial L’appellation millénial, dite aussi, et à quelques nuances près, génération y, digital natives ou net génération, regroupe au sens le plus large les personnes nées entre 1980 et l’an 2000. Leurs habitudes et attitudes sociales, culturelles et comportementales ne sont pas toujours uniformes, car elles dépendent du contexte géographique, économique et politique de leur lieu de vie. A l’inverse, ces habitudes et attitudes sont presque toujours différentes de celles de leurs aînés. Des différences particulièrement marquées en termes d’utilisation du numérique et de déconsommation. Les millénial sont donc une cible privilégiée pour le marketing.

Cette génération, mobile et connectée, privilégie la créativité à l’ancienneté. Plus tolérants et ouverts que leurs aînés, ces jeunes, souvent individualistes, aspirent à une progression professionnelle rapide. Leurs centres d’intérêt se concentrent sur leur propre santé mentale et physique. Pour eux, les congés sont particulièrement importants, leurs horaires doivent être flexibles, l’autonomie dans le travail et la formation continue sont prioritaires. D’autant que bon nombre de millénial tiennent les générations qui les ont précédés pour responsables de ce qui leur arrive ; alors que nombre de celles et ceux qui se savent déjà héritiers envisagent étonnamment de se contenter de vivre de leur rente. En revanche, ils ont (et auront) à faire face à de sérieux enjeux et défis, comme les crises sanitaires, le changement climatique, la précarité, la surpopulation, les migrations de populations, la gestion de l’eau. Aussi, les entreprises, institutions, organismes, notamment les gouvernements, doivent urgemment prendre en compte ces attentes et questions.

Proxémique (La) Le terme proxémique a été inventé par l’anthropologue américain Edward T. Hall en 1963. C’est la science qui étudie l’utilisation et l’organisation signifiante de l’espace dans les relations entre les êtres animés. Le constat est que, chaque individu maintient autour de lui un espace de sécurité où il n’accepte pas l’intrusion d’autrui, sauf s’il s’agit d’un proche ou d’un allié. Cette distance varie selon les espèces, les cultures, les situations et les personnalités. Les spécialistes distinguent quatre types de distance : intime, personnelle, sociale et publique.
De nombreuses études et observations ont depuis longtemps déterminé qu’en France, la distance intime est de 15 à 45 cm, celle personnelle de 45 à 120 cm. Alors que la distance sociale est de l’ordre d’un mètre vingt et celle publique de plusieurs mètres. C’est le cas d’un orateur qui a pour habitude de se tenir à une distance publique de son auditoire pour affirmer son autorité et sa crédibilité. La proxémique permet donc d’analyser comment les individus se positionnent et communiquent dans l’espace. Ses applications sont nombreuses, par exemple la disposition des tables qui induit dans un sens ou dans l’autre les comportements d’une salle de classe ; celles des tables d’un restaurant qui favorise ou non l’intimité. On pourrait aussi étudier comment la proxémique influence la perception, l’émotion, la persuasion, la coopération, le conflit.

Q - R - S - T - U

Slasher, c'est en référence au slash, ce signe typographique marquant la séparation entre différents éléments simultanés d’un texte, que de nombreux trentenaires cumulant plusieurs métiers se sont autobaptisés Slashers. Quelques-uns, fiers de leur statut, tentent de jouer les gagnants épanouis en présentant leur situation comme un choix.

Il leur arrive alors de s’autoproclamer « pluriactifs », et de décrier au passage les vieux modèles.Les mêmes, ou d'autres, se disent satisfaits de cette situation, ajoutant qu’ils s’ennuieraient dans une seule et unique activité.Les slashers ont plusieurs métiers. Ceux des slashers qui ont eu les moyens de poursuivre de longues études, à l’issue desquelles ils ne trouvent pas toujours le travail intéressant qu’ils espéraient, se consolent en prétendant avoir la chance de se consacrer à leur épanouissement personnel. II reste qu'en réalité, l’immense majorité des Slashers le sont faute de mieux, un seul emploi à temps partiel imposé ne leur permettant pas de gagner leur vie.

Sororité (La) La sororité n’est pas simplement la traduction de fraternité au féminin. C’est un néologisme basé sur la fraternité qui exprime la solidarité entre les femmes face aux inégalités et aux discriminations qu’elles subissent.
Le terme « sororité » vient du latin « soror » qui signifie sœur ou cousine. Il a été utilisé dans la sphère féministe à partir des années 70 aux Etats-Unis, pour s’opposer au patriarcat. Alors que la fraternité est une notion quasi universelle qui concerne tous les êtres humains, la sororité se distingue par le sexe des membres : une fraternité se compose uniquement d’hommes, tandis qu’une sororité reçoit exclusivement des femme

Structurel : Signifie « Ce qui concerne la structure ». C’est-à-dire la manière dont les éléments d’un système sont disposés ou reliés entre eux. On peut dire, qu’à quelques nuances près, les mots « structurel » et « systémique » (voir ce mot) sont, sinon voisins, du moins souvent utilisés de manière interchangeable.

Ainsi, une crise ; le racisme ; le chômage ; la transition ou encore le changement sont, suivant les auteurs, indifféremment qualifiés de systémiques ou de structurels. Structurel : Manière dont les éléments d’un système sont disposés ou reliés entre eux. De même, l’inflation, une réforme ou une difficulté peuvent apparaitre structurelles ou systémiques. Fréquemment, lorsqu’un mot est sur employé, il finit par constituer un « mot à la mode », pour ne pas dire un « tic verbal ». C’est le cas de « structurel » et « systémique » dont l’emploi n’est pas toujours des plus précis dans les médias d’informations. Ce n’est pas l’utilisation d’un objet qui en détermine la nature, c’est sa structure : un chronomètre reste un chronomètre, que ce soient des marins, des spéléologues ou des alpinistes qui l’emploient.

Systémique, le mot systémique a deux sens principaux : il peut désigner un système composé d’éléments en interaction, ou un système social basé sur un ensemble de règles, de normes et de valeurs. Ce mot s’est popularisé grâce à l’Approche Systémique qui s’applique à tous les domaines : technologie, science, informatique, psychologie, management… et propose d’étudier les systèmes complexes d’interactions, en complément de l’analyse analytique cartésienne. Le terme systémique est aussi employé pour qualifier la nature complexe et interdépendante des phénomènes qui influencent notre société. Il s’applique à des situations de crise résultant de la combinaison de multiples facteurs et qui ont des impacts globaux. Un exemple récent de crise systémique est la pandémie de Covid-19, qui a touché la santé, l’économie, la politique et la culture de l’ensemble du système mondial.

Autre exemple, sur l’île de Bornéo, les insecticides ont éliminé les guêpes qui chassaient les moustiques. La population de ces derniers a alors augmenté, menaçant d’infections les humains et les animaux.

Les mesures sanitaires prises pour limiter la propagation du virus Covid-19, ont eu des effets négatifs sur l’activité économique, le commerce international, le tourisme, l’emploi. Elles ont aussi provoqué une hausse des dépenses publiques et une baisse des recettes fiscales, aggravant les déficits et les dettes des États. Le vocable, systémique, est donc un mot-clé pour comprendre et agir sur le monde actuel, caractérisé par la complexité et l’interdépendance des problèmes. Il exprime aussi une aspiration à un changement positif et durable, qui respecte la diversité et la pluralité des êtres vivants. Il est enfin à noter que les mots « systémique » et « structurel » (voir ce mot) sont, à quelques nuances près, souvent utilisés de manière proche.

V - W - X - Y - Z